26.03.2017
Les « rebelles salafistes » se sont retirés de Rass al-Ain
2012-11-25 21:00:39
Yazdir

Les groupes salafistes appuyés par le régime turc se sont retirés de la ville kurde de Serékaniyé (Rass al-Ain), après trois jours de combat avec les forces kurdes. Le régime turc continue de faire pression sur ces groupes pour qu’ils affrontent les kurdes.

Vers 16 heures, soit un peu avant le délai accordé par les forces kurdes, un centaine de combattants des groupes salafistes, idéologiquement proches d’Al-Qaida, se sont réunis dimanche 25 novembre au quartier général de l’Armée syrienne libre, situé en face de la Maison des Enseignants à Ceylanpinar, dans la région de Urfa.  Ces combattants appartiennent aux groupes Ghouraba Al-Cham et Al-Nosra.

Dans une déclaration, les « rebelles » ont affirmé avoir accepté de se retirer de la ville de Rass al-Ain dans le cadre d’un accord avec les forces kurdes. Selon les témoins, les combattants étrangers se sont retirés du centre-ville et retranchés dans la zone frontalière entre la Turquie et la Syrie. 

Dans la soirée, le calme était revenu, tandis que les forces kurdes restaient toujours dans leurs positions, commençant à rétablir l’électricité et l’arrivée d’eau, coupés en raison des affrontements. En outre, les kurdes ont refusé de rendre aux rebelles les armes saisies lors des affrontements.  

Les turcs mécontents de la trêve

Apres la déclaration de ces rebelles, des membres des services secrets turcs (MIT) se faisant passer pour des journalistes ont rencontré les responsables des groupes armés, rapporte l’agence de presse kurde Firat. 

Les turcs auraient demandé à ces groupes de violer la trêve et de continuer à affronter les kurdes, promettant de leur fournir des armes.  Selon la même source, les « rebelles » ont rejeté,  pour l’instant, l’offre et les menaces des turcs qui auraient également accusé les rebelles d’incapacité malgré le soutien logistique et la fourniture d'armes aux rebelles par la Turquie.

Les conditions de la trêve

Après avoir subi de lourdes pertes, des groupes salafistes avaient proposé le 23 novembre un cessez-le-feu aux Unités de défense du peuple (YPG), armée kurde créée en juillet 2012, composée de femmes et d'hommes. En acceptant la proposition de trêve, les kurdes avaient posé deux conditions : les combattants du groupe Ghouraba al-Cham devaient quitter la ville dans 48 heures et un conseil du peuple composé de kurdes, arabes, arméniens et syriaques/assyriens devait être mis en place.

Le commandement du YPG avait déclaré que si ces conditions ne sont pas respectées, la trêve prendra fin.

Près de 60 « rebelles » tués

C’est l’assassinat d’un élu kurde local, président du conseil du peuple de Serékaniyé, le 19 novembre, qui a déclenché une riposte forte de la part du YPG. Ces combats ont fait 34 morts, dont 29 combattants d'Al-Nosra et de Ghouraba al-Cham et un chef de l'administration locale kurde, selon l’Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Le même jour, les forces kurdes ont livré les corps de 18 rebelles.

Rentrés par la Turquie le 21 novembre,  des centaines de combattants des groupes Al-Nosra et Ghouraba al-Cham, ont lancé un jour plus tard une attaque contre les kurdes. Le bilan a été lourd pour les rebelles : au moins 25 morts dont trois chefs.

Au lendemain ce cette défaite, une nouvelle attaque a été lancée, ce qui a couté la vie d’au moins trois autres rebelles. Trois véhicules militaires appartenant à ces groupes ont en outre détruits et de nombreuses armes ont été saisies par les forces kurdes.

Dans les attaques des rebelles et lors des affrontements,  quatre combattants kurdes, un élu et un membre du conseil du peuple ont été tués.

La Turquie est derrière les attaques

Selon l'avis général des observateurs et les organisations kurdes, la Turquie était derrière ces attaques. La Turquie aurait même donné 2 million de dollar à ces rebelles pour mener une telle opération afin de s’emparer la ville, selon le PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan, qui lutte contre Ankara depuis 30 ans. Le mouvement kurde avait appelé les groupes armés à ne pas tomber dans les pièges du régime turc qui aurait l'intention de provoquer une guerre arabo-kurde.

Selon une autre version, la Turquie veut à la fois se débarrasser des kurdes et de ces rebelles salafistes à qui elle a ouvert ses portes, en les laissant s'entretuer. Mais l’attaque de ces rebelles a été perçue comme un suicide, n’ayant aucune chance de triompher face aux guerriers kurdes bien formés et très organisés.

Les provocations du régime turc qui nage dans un rêve néo-ottoman et qui est contre toute forme d’autonomie revendique par les kurdes où qu’ils soient se poursuivront sans doute.



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