21.08.2017
Conflit syrien: Les « rebelles » subissent de lourdes pertes face aux kurdes
2012-11-20 10:31:03
Yazdir

Rentrés par la Turquie, des groupes rebelles ont attaqué les kurdes à Serékaniyé (Ras el-Ain), tuant un chef de l'administration locale kurde. Encerclés ensuite par les forces armées kurdes, au moins 18 rebelles ont été tués et leurs corps ont été livrés aux groupes armés qui ont fui vers la Turquie. Parmi les morts trois chefs des groupes armés. Malgré des tirs d’obus par l’armée turque pour épauler ces « rebelles », la ville serait prise par les forces kurdes.

Les groupes armés hébergés et financés par la Turquie et soutenus ouvertement par l’Occident, notamment la France qui envisage même de livrer des « armes défensives »,  poursuivent leurs attaques contre les kurdes.

Le matin du 19 novembre, des milliers de kurdes se sont mis en route vers la ville de Serékaniyé pour demander aux rebelles non originaires de la ville de partir et pour protester contre les bombardements du régime Bachar Al-Assad. Mais, les « rebelles »  ont refusé l’entrée des kurdes dans la ville, selon des sources kurdes. 

Un élu kurde tué par des « rebelles »

Abid Khalil, le président du conseil du peuple, élu par le peuple, a été tué et trois membres de l’Assayish ont été blessés par des rebelles, alors qu’ils étaient allés à leur rencontre pour demander l’autorisation de passer.

Des milliers d’autres kurdes ont afflué vers la ville après l’attaque des rebelles, mais ils ont été arrêtés par les forces kurdes en raison des affrontements intensifs. Les Unités de défense populaire (YPG), armée kurde créée en juillet 2012,  sont rapidement intervenues contre les assaillants qui ont été repoussés. Encerclés par les combattants kurdes, les rebelles ont subi de lourdes pertes.  

Au moins 18 rebelles dont trois chefs tués, 7 autres pris en otage

Les assaillants appartiendraient aux groupes islamistes "Ghouraba al-Cham" et le Front Al-Nosra. Le YPG a affirmé avoir rendu les corps de 18 rebelles aux groupes armés. Les forces kurdes disent avoir pris en otage sept rebelles et saisi de nombreuses armes. D’après les sources locales, trois chefs locaux des groupes armés figurent parmi les morts. Il s’agirait de Madjid al-Abdullah, Ali Aksoud et Fair Hadji Rahim. Le bilan serait encore plus lourd, car plusieurs autres rebelles tués et blessés auraient été transférés en Turquie, affirme YPG. 

Selon Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), cité par l’AFP, « Six rebelles ont été tués dans des combats avec les combattants kurdes et un chef de l'administration locale kurde Abed Khalil a péri sous les balles d'un franc-tireur rebelle »

Les « rebelles » ont fui vers la Turquie

Deux membres du YPG, un membre de l’Assayish et un membre du conseil du peuple ont également été tués lors des affrontements. Le YPG a lancé une vaste opération dans la ville kurde pour faire sortir tous les combattants étrangers, a-t-on appris d’une source proche du YPG. Mardi 20 novembre, aucun combattant non-originaire de la ville n’était visible dans la ville qui serait désormais sous contrôle des forces kurdes. Lundi, des images procurées par l’ActuKurde montraient que les rebelles tentaient d’entrer en Turquie sur la frontière avec Ceylanpinar, ville jumelle de Serékaniyé. 

Turquie épaule les rebelles en bombardant les kurdes

L’armée turque a épaulé lors des affrontements les rebelles en tirant des obus contre les forces kurdes, selon l’agence de presse Firat. Les rebelles auraient données les coordonnées pour les tirs d’obus, puisque l’armée visait les points des combattants kurdes.

« Nous ne cherchons pas l'affrontement avec l'Armée syrienne libre (ASL) mais ceux qui ont provoqué les incidents d'aujourd'hui à Rass al-Aïn, reçoivent leurs ordres de la Turquie », a affirmé à l'AFP Saleh Muslim, chef du principal parti kurde PYD et vice-président de l'opposition intérieure regroupée au sein du Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND).

PYD : La Turquie cherche à déstabiliser les régions kurdes

« Ils sont rentrés par la Turquie car ce pays cherche à déstabiliser les régions kurdes", où se sont réfugiés des "milliers de déplacés » a-t-il poursuit, joint par téléphone à Londres où il effectue une visite, selon AFP.

Le 8 novembre, des centaines de combattants « rebelles » avaient convergé depuis la Turquie vers Serékaniyé, ce qui avait déclenché les attaques aériennes de l’armée syrienne. Le bilan d’une semaine, entre le 8 et 13 novembre, était lourd : au moins 10 mort et près de 70 blessés parmi les civils, quelques 50 habitations détruites et plus de 11 000 personnes ont fui la ville. La ville était calme et des services de renseignements étaient déjà neutralisé dans ces activités par les formations kurdes, jusqu'à l’arrivée des paramilitaires du Ghouraba al-Sham,  poussés Par la Turquie, dénoncent les organisations kurdes. 

Le mouvement de la société démocratique du Kurdistan Occidental (TEV-DEM), une organisation qui chapeaute les principales formations kurdes syriennes dont le plus influant PYD, a condamné l’attaque, affirmant que le but de cette attaque était d’empêcher les kurdes de retourner dans leur ville. « Il s’agit d’une attaque planifié par la Turquie (…) car, le retour des habitants signifieraient la sortie des groupes armés de la ville »

Les rebelles se trouvaient jusqu'à lundi dans les quartiers arabes de la ville, recevant le soutien de la Turquie pour s’emparer de cette ville.

PKK : la Turquie a donné 2 millions de dollar aux rebelles pour une opération

Un dirigeant du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui lutte contre Ankara depuis 30 ans, a averti le régime turc contre toute intervention dans la région kurde. « L’Etat turc fait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher les réalisations des kurdes en Syrie » a affirmé Murat Karayilan, dirigeant du PKK, dans une interview à l’agence Firat.

Selon Karayilan, La Turquie prépare également le terrain pour une intervention contre la ville de Kobani (Ain el-Arabe), sous contrôle des kurdes, après l’infiltration des « rebelles » dans les villes de Serékaniyé.  « Kobani ne ressemble pas à Serékaniyé (…) Une telle guerre s’éteindra dans tout le Kurdistan » averti Karayilan.

« Le régime turc s’allie avec des groupes salafistes, proches d’Al Qaida, mais il apporte aussi l'argent et des armes à certains groupes », ajoute-il, avant de dire : « La Turquie a donné 2 millions de dollar aux groupes armés syriens pour l’opération de Serékaniyé »

Six villes sous contrôle total des kurdes, malgré la campagne-anti kurde

Depuis juillet 2012, les kurdes ont pris le contrôle total de six villes. Il s’agit de Kobani (Ain al-Arab), Afrin, Amuda, Dirbassiyé, Til Temur et Dérik. Il ne reste que deux grandes et deux petites villes: respectivement Qamishli, Hassaka, Girké Legué et Tirbaspi.  A part la présence de l’armée syrienne dans les casernes, ces quatre derniers sont également dirigés par les kurdes.

La Turquie et plusieurs pays de l’Occident cherchent depuis début de la révolte lance mi-mars 2011 à affaiblir le principal parti kurde PYD avec une campagne médiatique.  Le PYD est accusé systématiquement de soutien au régime Assad, alors que les kurdes sont les premières victimes de ce régime.

« N’importe quelle initiative ou Congrès qui marginalisera le premier parti kurde, le PYD, sera un échec », prévient Khaled Issa, vice-président du Conseil national des comités pour le changement démocratique (CNCCD), cité par l’Humanité.

Les structures parallèles des kurdes

« Car la Syrie ne retrouvera la stabilité et la paix qu’en trouvant une solution équitable au problème kurde. Et il n’y aura pas de solution au problème kurde sans participation du PYD » affirme-t-il, avant de souligner que les Kurdes et le PYD « se situent dans l’opposition mais se battent pour un changement par des voies pacifiques. Dans nos régions, nous nous sommes libérés sans affrontement avec les autorités. Pas parce qu’on a pactisé mais, au contraire, parce que nous avions mis en place des structures parallèles depuis longtemps ».

Khaled Issa affirme que « les généraux aujourd’hui opposants, que l’on voit sans cesse sur Al Djazira et sur Al Arabiya, qui ont pratiqué la répression et la corruption pendant tant d’années, n’ont pas de leçons à nous donner ».

De l’autre côté de la frontière, en territoire turc, « un millier de djihadistes sont massés là », assure Khaled Issa.

Autonomie démocratique

La population kurde syrienne est estimée à environ 3,5 millions, soit plus de 15 % de la population du pays, dont un demi-million à Damas et 600.000 dans les deux quartiers d’Alep, Ashrafia et Sheikh Maqsoud. La sécurité de ces deux quartiers sont assurés par les forces kurdes, tout comme le Kurdistan syrien.

Le principal parti kurde PYD travaille depuis quatre ans sur le projet d’autonomie démocratique. Ce parti propose une confédération démocratique syrienne reconnaissant les droits du peuple kurde en tant que nation dans la future constitution et l’autonomie de la région kurde.

Dans le cadre de la réalisation du projet de l’autonomie, des conseils du peuple avaient déjà été créés dans toutes les villes kurdes, mais aussi à Alep, après la révolte lancée mi-mars 2011.

Le processus de l’autonomie est accéléré depuis début de l’année 2012: les nomes des villes arabisées depuis 40 ans ont été changés, des écoles kurdes ont été multipliées, les enseignants travaillent déjà sur un système éducatif kurde, des forces armées composées de femmes et hommes, ont été créés et les partis kurdes ont unis leurs forces sous la bannière du Conseil suprême kurde. Les femmes prennent également leur place, à part égale, dans toutes les organisations. Un système de coprésidence et les quotas par sexe sont exigés pour toutes les organisations influencées par le mouvement kurde en Turquie.  

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