26.03.2017
Grève de la faim des kurdes: appel à briser le mur du silence européen
2012-11-14 21:44:01
Yazdir

Alors que les gouvernements européens continuent de rester silencieux face à la grève de la faim observées par des milliers des milliers de prisonniers kurdes depuis 12 septembre, de nombreux parlementaires, sénateurs, intellectuels et organisations de la société civile expriment leur solidarité avec les grévistes et appellent à briser le mur du silence européen.

Michel Billout appelle à briser le mur du silence européen   

Le sénateur français Michel Billout demande de son coté au Président de la République François Hollande de briser le mur du silence européen.

“Avec l'Association Nationale des Elus Communistes et Républicains, Michel Billout s'est rendu en délégation en Turquie du 31 octobre au 7 novembre dernier, dans les villes de Diyarbakir, Batman et Siirth pour comprendre et témoigner de la situation faite aux Kurdes en Turquie.

Ce que le sénateur et ses collègues ont constaté, les dizaines de témoignages recueillis auprès d'élus, de responsables politiques, syndicaux ou associatifs, d'avocats, de médecins, d'étudiants, de victimes de la répression ou de pères et mères de prisonniers politiques en grève de la faim, dépassent en gravité ce que la délégation avait pu imaginer. Le gouvernement turc refuse obstinément d'entendre les légitimes revendications du peuple kurde à exister.

Comme seule réponse une répression brutale est exercée. Des milliers d'hommes, de femmes et même d'enfants, avec parmi eux près de 200 élus, des avocats, des journalistes, des militants pour les droits de l'homme, de syndicalistes sont emprisonnés sous prétexte de complicité avec des organisations terroristes.

Ces détenus sont en fait poursuivis pour avoir conduit une action politique dans l'espace public. C'est intolérable ! Sous l'action de son gouvernement, la Turquie devient de plus en plus un pays où la démocratie est bafouée, la justice instrumentalisée, la liberté d'expression piétinée.

Face à ce mépris, près de 700 prisonniers politiques ont décidé d'entreprendre une grève de la faim. Ils sont plus nombreux chaque jour. Certains d'entre eux en sont au 63e jour de grève. Des dizaines d'hommes et de femmes peuvent donc mourir demain.

Le 6 novembre 2012, au parlement d'Ankara, Michel Billout a tenu une conférence de presse, au nom de la délégation, pour rappeler que les questions posées par les Kurdes, la reconnaissance des droits universels à s'exprimer, à exister avec son identité, à vivre libres et égaux dans la paix, ne pouvaient plus être ignorées.

Aujourd'hui, avec ses collègues de l'ANECR, Michel Billout s'adresse à François Hollande afin que la France et l'Europe ne restent plus silencieuses, qu'ils ne se fassent pas complices de cette folie, sous prétexte de calculs géopolitiques ou économiques. »

Noam Chomsky lance un appel au gouvernement turc

Noam Chomsky, philosophe américain et un intellectuel engagé, lance un appel au gouvernement turc, dicté à la fois par des sentiments de simple humanité et en raison des conséquences dramatiques que pourrait avoir la prolongation de ce mouvement d’un point de vue politique et des droits humains :

« En ne répondant pas d’une façon humaine et civilisée aux demandes formulées, qui me paraissent tout simplement raisonnables, le gouvernement turc s’enfonce dans une crise pire que celle qui se profile aujourd’hui. »

Il fustigeait déjà en 1999 la politique américaine ("Deux heures de lucidité") : « En Tchétchénie, on ne peut rien faire à cause de la menace nucléaire. En revanche, nous sommes co-responsables des atrocités commises contre les Kurdes en Turquie. Nous pouvons très bien décider d’arrêter d’y participer. Mais, à part Soljenitsyne, rares sont ceux qui veulent contrarier la Turquie ou les États-Unis, qui fournissent aux Turcs les armes utilisées dans les exactions contre les Kurdes. [...] Ce que les Russes font en Tchétchénie est terrible, mais ce n’est rien comparé à ce que les Américains ont fait en Indochine. Ou comparé aux Turcs contre les Kurdes : deux à trois millions de réfugiés, 3 500 villages détruits, des dizaines de milliers de morts. Les Turcs disposent d’avions, de tanks, d’armements lourds. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent, puisque Clinton les leur fournit. Plus ils commettent d’exactions, plus les Américains augmentent leur aide militaire. »

Martin Schulz appelle grévistes de la faim à mettre fin à cette action

Le Président du Parlement européen, Martin Schulz, dans une lettre adressée à Sadullah Ergin, ministre turc de la Justice, le 13 novembre 2012, se dit préoccupé par la situation critique dans laquelle se trouvent les grévistes de la faim détenus dans les prisons turques, au nombre desquels on compte des élus et des membres de la Grande Assemblée (Parlement) de Turquie :

« Mon souci immédiat est la santé des personnes qui ont entrepris cet acte désespéré non-violent. Je suis convaincu que les autorités turques font tout leur possible pour leur fournir la meilleure assistance médicale. J’appelle les grévistes de la faim à mettre fin à une action qui met leur vie en péril et à revenir au dialogue politique comme un moyen de faire avancer leurs revendications. J’en appelle aux autorités turques pour répondre aux préoccupations des manifestants. À cet égard, je me félicite de la législation proposée par le gouvernement de modifier le Code de procédure pénale pour permettre l’utilisation de la langue maternelle au cours des procédures judiciaires. J’espère en leur mise en œuvre rapide et intégrale. »

Une lettre à la signature des parlementaires suisses

Le groupe parlementaire Relations avec le peuple kurde du Parlement suisse exprime sa solidarité avec les prisonniers politiques kurdes en Turquie, grévistes de la faim, et avec leurs collègues parlementaires kurdes qui se sont engagés dans cette action pacifique.

Le groupe demande au Conseil fédéral « d’intervenir auprès des autorités turques pour qu’elles reprennent le chemin des négociations qu’elles ont abandonnées en 2011, affirmant qu’il soumettra une lettre à la signature des parlementaires suisses lors de la prochaine session.

« Au soixantième jour de grève de la faim illimitée entamée le 12 septembre 2012 par 700

Prisonniers politiques kurdes, sept parlementaires du parti pro kurde BDP (Parti pour la Paix et la Démocratie) ont rejoint le mouvement. Alors que le nombre des grévistes de la faim est aujourd’hui de dix mille, le pronostic vital de  400 prisonniers politiques grévistes  est aujourd’hui engagé. Cette action des prisonniers politiques kurdes en Turquie est l’une des plus grandes grèves de la faim collective au monde. Ce mouvement vise d’une part à ce que les droits fondamentaux des kurdes soient respectés, tout particulièrement le droit des prisonniers d’utiliser la langue kurde devant les tribunaux et quel éducation puisse se faire en langue kurde, d’autre part, à obtenir la fin du confinement et la libération d’Abdullah Öcalan, le leader historique du peuple kurde, le quel n’a pu s’entre tenir avec ses avocats depuis 16 mois.

Depuis les élections de  2009, lorsque le parti AKP a été battu au Kurdistan parle BDP, le Gouvernement turc a emprisonné près de 9’000 Kurdes, notamment 6 députés, 31 maires, 96 journalistes, 36 avocats, 183 dirigeants du parti pro kurde BDP, des syndicalistes, des défenseurs des droits humains, des étudiants et près de 2’000 enfants.

Ces emprisonnements, totalement arbitraires, inscrits dans l’«opération KCK  », sont l’expression du refus de l’Etat turc de reconnaître toute expression politique, sociale, culturelle et économique des kurdes de Turquie. Une telle systématique dans l’atteinte aux droits humains des kurdes est injustifiable.

Le chemin à la paix en Turquie passe par la reconnaissance des droits fondamentaux des kurdes et une négociation politique. Aucune répression féroce n’a jamais résolu les conflits.  L’histoire de l’Afrique du Sud, de l’Irlande, du Népal et les récents pourparlers entre le gouvernement colombien et la guérilla en sont la démonstration. Le gouvernement turc doit recommencer à négocier avec le PKK qu’elle a abandonné en 2011.

Le Groupe parlementaire dénonce les violations des droits humains dont le gouvernement turc se fait l’auteur depuis des décennies contre le peuple kurde et ses légitimes représentants.

Le Groupe parlementaire Relations avec le peuple kurde du Parlement Suisse apporte sa solidarité aux prisonniers politiques kurdes en Turquie et aux parlementaires qui détenus ou non se sont engagés dans l’action pacifique de la grève de la faim.

Le Groupe parlementaire demande donc au Conseil fédéral d’intervenir de manière pressante auprès de la Turquie pour qu’elle respecte les droits de l’homme, les droits des minorités et finalement ouvre immédiatement un vrai dialogue avec les représentants légitimes de la communauté kurde afin de mettre fin à une violence qui a trop duré.

Par une lettre adressée aux autorités turques, soumise à la signature des parlementaires suisses à la prochaine session, le Groupe parlementaire invitera instamment la Turquie à respecter les droits humains et à entamer sans délai des négociations politiques. »

ActuKurde avec Amitiés kurdes de Bretagne

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