26.03.2017
Qui sont les groupes armés présents en Syrie ?
2012-11-09 12:31:13
Yazdir

Après la révolte lancée mi-mars 2011 en Syrie,  plusieurs groupes armés, ainsi que des bandes sans programme ni objectifs ont fait leur apparition. Rassemblés sous la bannière de l’Armée libre syrienne (ASL), soutenue et financée par l’Occident et le trio Turquie-Qatar-Arabie Saoudite, ils ne disposent pas une coordination réelle.

Commençons par quelques questionnes que les agissements des groupes armés donnent les réponses.  Qui est l’ASL et qui ne l’est pas ? Combien y a-t-il d’ASL et comment peut-on construire la démocratie avec des groupes qui ne prônent que la vengeance  et  n’hésitent pas à user des mêmes méthodes que celles du régime? Pourquoi les groupes salafistes et djihadistes sont-ils les plus soutenus par des pays étrangers ?  Comment l’Occident compte-t-il établir une démocratie qui respecte les droits de tous les composants de la Syrie ? Comment peut-on parler d’une révolution et de libération si l’un des pays le plus répressif du monde, soit la Turquie, est directement impliqué dans la révolte, tout comme les pays du Golf ?

Les plus importants groupes liés à l’ASL dans la région d’Alep sont la brigade el-Tawhid, un groupe islamiste radical, et celles de Farouk et Fatiha.

A Alep,  le groupe du « fondateur » de l’ASL colonel Riad al-Assad, « la brigade Ahrar Syrie » est considérée comme les « Frères musulmans  modérés » et ne s’entend pas avec la brigade al-Tawhid. Les deux groupes ne mènent pas des attaques conjointes.

Deux autres groupes sont renforcés dans le conflit syrien, notamment grâce au soutien de la Turquie qui est soutenue quant à elle par l’Occident qui refuse de voir la répression antikurde. Il s’agit du bataillon de Salaheddine Al-Ayoubi et du groupe turcoman d’Ommar al –Dadikhi, soit Assef al-Shamal (Tempête du Nord). La plupart des autres groupes armés sont contre les agissements de ce dernier, mais ils ne sont pas en mesure de faire face à Ommar al –Dadikhi, craignant que la Turquie ferme les portes frontières et retire ses soutiens logistiques.

Le bataillon de Salaheddine Al-Ayoubi

Étant un petit groupe après le début de la révolte, certains soldats désertés ont rejoint le bataillon de Salaheddine Al-Ayoubi. Et selon certaines sources, hommes payées ont grossi ses rangs. Le nombre de ses hommes armés est estimé à environ 700. Le groupe serait dirigé par Saleh Bedreddin qui réside en Turquie. Ce dernier est sous contrôle des autorités turques. Les médias kurdes avaient révélé en juin 2012 un document secret du ministère des affaires étrangères de la Turquie adressé au consulat turc d’Erbil, capitale du Kurdistan irakien, visant la déstabilisation de la région kurde. Le document parlait de rencontres entre les services des renseignements turcs et Saleh Abdoulkadir pour forcer les forces armées kurdes de rejoindre l’opposition arabe.

Deux informateurs kurdes originaires d’Afrin, formés par la Turquie, seraient également dans les rangs de ce bataillon. Il s’agit de Ciger et Hassan.  L’un des commandants du bataillon Ayoubi est Mohammed Hemdosh. Il était un contrebandier de cigarette avant la révolte. Deux petits partis kurdes, Azadi (liberté)  et Yekiti (union), chercheraient à influencer le bataillon pour provoquer des affrontements contre le principal parti kurde PYD, selon des sources proches de ce parti.

N’ayant pas eu le soutien du peuple kurde, le bataillon Ayoubi s’est implanté dans les régions arabes, notamment à Hayan, dans la région d’Alep. Ses hommes sont présents sur deux check-points entre Alep et Afrin et ses objectifs sont inconnus.  Quelque 200 «rebelles », à l’initiative du bataillon de Salaheddine Al-Ayoubi, s’étaient infiltrés à Achrafiyé, quartier kurde à Alep, ouvrant le feu sur des habitants.13 habitants avaient été tués et 22 autres avaient été blessés lors de cette attaque. En représailles, les Unités de défense populaire (YPG), armée kurde,  avaient lancé une attaque contre ces groupes, tuant au moins 19 d’entre eux, faisant un grand nombre de prisonniers,  saisissant d’importants lots d’armes et des véhicules. Tous les assaillants avaient été chassés du quartier kurde. 300 civils kurdes avaient été ensuite enlevés par des groupes armés dans des check-points entre Alep et Afrin, ville du Kurdistan syrien.

La tempête du nord, un groupe anti-kurde

Assef al-Shamal est dirigé par Ommar al Dadikhi qui était aussi un contrebandier faisant ses activités entre la Syrie et la Turquie.  Selon des sources locales, il était un  informateur de deux cotés. Aujourd’hui il est actif dans la région d’Azzaz. L’un des buts de ce groupe qui est à l’origine des enlèvements des plusieurs libanais et des journalistes, serait d’unir la région d’Azzaz et la ville de Kilis, en Turquie. Le groupe turcoman s’approvisionne en Turquie et ses hommes portent les armes livrées par ce pays, selon une source fiable. La région d’Azzaz a complètement été fermée aux kurdes. En raison de ses méthodes inhumaines et cruelles, plusieurs familles arabes et turcomans ont quitté la région d’Azzaz et ont été accueilli par les kurdes.

Des exécutions

Le groupe a aussi une prison dans la région et pratique des exécutions. Selon les témoins, les prisonniers sont soit exécutés, soit utilisé pour des rançons. Il est ouvertement anti-kurde et prône le nettoyage et des massacres. Au cours du mois d’octobre, le groupe a lancé plusieurs attaques contre les villages kurdes à Afrin, sans pouvoir avancer face aux forces kurdes qui ont fait de nombreux morts dans les rangs du groupe.

Les organisations kurdes considèrent que les attaques du bataillon de Salaheddine Al-Ayoubi et du groupe Dadikhi ont pour objectif de provoquer une guerre entre les arabes et les kurdes.

Autres groupes armés

Un autre groupe se nomme Hizboul Fadjril Islam (le Parti islamique de l’est), composé des arabes. Il est actif à Babe, dans la région d’Alep.  En outre, il y a dans presque chaque village un groupe armé sous les ordres des Cheikh. Certains d’entre eux ne sont pas sous la bannière de l’ASL et disent être contre le régime de Bachar al-Assad.

400 tons armes aux rebelles

Chaque pays influence et finance un ou plusieurs groupes, ce qui complique la situation. Mais il y a des gens et des groupes qui luttent pour un pays démocratique et pour leur honneur.

Selon le chef du principal parti kurde PYD, Saleh Moslim, la Turquie a livré 400 tons armes aux rebelles après la réunion de Genève, tenue en juin 2012. Dans une interview accordée au site d’information « Medya Günlüğü », il accuse la Turquie d’avoir provoqué les affrontements entre l’ASL et les kurdes. 

Des intérêts politiques et économiques de l’Occident et l’implication de trois pays qui ne sont pas moins pires que le régime Assad n’ont pas réussi à créer un lien entre la démocratie, les aspirations à la liberté de ses peuples et la guerre contre le régime répressif syrien. Donc, la première partie est un échec total.



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