26.03.2017
L’Assemblée de Corse a reçu une délégation kurde
2012-10-24 12:01:36
Yazdir

Le président de l’Assemblée de Corse Dominique Bucchini a reçu mardi 23 octobre une délégation du principal parti kurde en Turquie, à l’occasion d’une visite effectuée à l’initiative de l’Association Corse-Kurdistan, dirigée par Dominique Torre.

Le maire BDP de Sur Abdullah Demirbas, le représentant BDP de l’Europe Eyyup Doru et la représentante du Conseil National du Kurdistan, basé à Bruxelles, Fidan Dogan, ont été accueillis à l’Assemblée de Corse à Ajaccio.

Boucchini : le Kurdistan n’est pas un rêve improbable

Faisant une brève présentation sur l’histoire du peuple kurde depuis l’empire ottoman, Mr. Dominique Bucchini a souligné que « le peuple kurde est l’héritier d’une histoire particulière. »

« Le Kurdistan n’est pas un rêve improbable, mais une réalité géographique que des siècles ont façonné sur ces merveilleuses terres aux confins de l’Anatolie et de la Perse » a-t-il poursuivi.

Rappelant que le parti kurde BDP réclame « l’autonomie du Kurdistan du nord (Kurdistan de Turquie) et non l’indépendance, ni la séparation avec la Turquie »,  il dit : « En Turquie aujourd’hui et malgré les nombreux appels de la communauté international, les kurdes semblent voues à l’errance et à la négation de leurs droits. »

« Après quelques années d’accalmie où le pouvoir central semblait assouplir son attitude, la répression est nouveau la seule réponse que l’Etat a opposé aux revendications d’autonomie du peuple kurde » a-t-il affirmé avant de poursuivre :  « Ces revendications concernent prioritairement la possibilité constitutionnelle d’utiliser la langue kurde dans l’enseignement comme dans l’administration : l’arrêt immédiat des opérations militaires contre les kurdes ; la suppression du seuil  électoral de 10 % limitant la représentation kurde au parlement turc ; la libération des prisonniers politiques »

Ocalan est un interlocuteur incontournable

Mr. Bucchini a également attire l’attention sur la grève de la faim illimitée observée par des centaines de prisonniers politiques kurdes depuis 12 septembre, affirmant qu’ils réclament la libération du leader kurde Abdullah Ocalan, emprisonné sur l’Ile d’Imrali, qui n’est pas autorisé a rencontrer ses avocats depuis 27 juillet 2011. Selon Bucchini souligne que le chef du PKK est « un interlocuteur incontournable pour engager des discutions de paix. »

Il ajoute : « Car la solution de la question kurde en Turquie ne peut pas être militaire ou policière, mais passe par une reconnaissance politique de l’identité kurde.  Les Etats d’Europe, l’Union Européenne elle-même, ont certainement un rôle à jouer pour que s’instaure enfin le dialogue pour la paix (…) Je souhaite vous dire que nous sommes solidaires du peuple kurde qui se bat pour qu’enfin son identité soit reconnue et je souhaite que les Corses soient sensibles à ce qu’il est coutume d’appeler la question kurde. »

Le gouvernement turc n’a aucun projet

Abdullah Demirbas a de son côté affirmé que le gouvernement turc n’a aucun projet pour la résolution pacifique du problème kurde. « Nos partis ont été interdits. Lorsque la voie de faire de la politique légale est fermée, les jeunes prennent les armes (…) Les kurdes n’ont jamais voulu faire la guerre, ils sont pour la paix. Les kurdes veulent mener une lutte par des moyens pacifiques, mais  leurs partis politiques sont interdits et ils subissent la répression »

La répression a poussé plus de 3 000 jeunes dont son fils dans les rangs du PKK depuis 2009, a affirmé le maire de Sur.  « J’ai été élu avec 60 % des voix. Je ne veux pas faire la guerre mais de la politiques, mais 493 ans de prisons ont été réclamé contre moi » a-t-il dit.  

«Près de 7 000 de nos amis sont dans les prisons. Parmi eux, six sont des députés, 38 sont des maires et 235 sont membres des conseils municipaux. Il y a aussi des intellectuels, écrivains, avocats et journalistes. J’étais aussi en prison il y a un et demi. J’ai été libéré en raison de mon état de santé. Mais mes amis sont toujours en prison. C’est pourquoi nous avons besoin d’un soutien au niveau international »

« Le gouvernement turc est présenté comme démocrate dans la presse et devant l’opinion publique,  mais c’est un dictateur dans les faits » a-t-il résumé.

Médaillons remis aux représentants kurdes

Mr. Bucchini a remis les médaillons de l’Assemblé de Corse au maire de Sur et au représentant du BDP Eyyup Doru.

Le parti communiste a également reçu la délégation kurde dans les locaux du parti à Ajaccio. Exprimant son soutien au peuple kurde, le secrétaire départemental Maxime Nordée a demandé la libération du chef du PKK. « Sa libération, comme  celle de tous les prisonniers politiques est une nécessité pour sortir de la situation actuelle. »

« Nous, communistes corses, nous participons aux initiatives pour aller dans ce sens et pour briser la logique militaire entretenue par le gouvernement turc » a dit le secrétaire départemental du parti communiste.



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