01.05.2017
La police française criminalise les kurdes
2012-08-28 13:41:00
Yazdir

Les cinq jeunes kurdes dont trois travailleurs du bâtiment, arrêtés par la DCRI, sont soupçonnées de préparer  un assassinat à Marseille. Comme  un article « commandité » du Point avait prévu,  en faisant honte au métier du journalisme, quatre ont été écroués.

« Cinq Kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), soupçonnés de préparer un assassinat à Marseille, ont été arrêtés par la DCRI », selon le Point, qui n’hésite pas à créer un lien entre ces jeunes et l’attentat d’Antep en Turquie.

D’après les sources kurdes, trois jeunes ont été arrêtés le 24 aout à Marseille après une décente de police à leur domicile. Les deux autres  ont été arrêtés à un péage d'autoroute près d'Aix-en-Provence, selon AFP.

Ils sont des travailleurs du bâtiment

Les policiers en tenue civile ont fouillé l’appartement pendant deux heures et ont arrêtés deux jeunes kurdes, Mazlum et Emrah, a-t-on appris  auprès de l’association kurde de Marseille. Ces deux jeunes sont membres du Centre Culturel de Mésopotamie.  Les motifs des arrestations n'ont pas été précisés par des policiers lors de la décente.

Le troisième jeune arrêté, Suat, est un père de trois enfants. Avant son arrestation, le père de Suat a été menotté dans son domicile par des policiers et amené jusqu’au domicile de son fils comme « un otage », avant d’être libéré.

Suat n’est pas un membre de l’association kurde et n’a aucune activité politique, selon son entourage. Les trois jeunes travaillaient dans le bâtiment sous une chaleur écrasante, soit de pauvres gens innocents, dit à l’ActuKurde un des amis de Mazlum.

Quatre personnes écrouées

Demandeur d’asile politique, Mazlum est père de deux enfants qui vivent toujours en Turquie. Les seules activités d’Emrah et de Mazlum étaient de participer aux manifestations pacifiques pour attirer l’attention sur la répression anti-kurde en Turquie et de réclamer les droits légitimes du peuple kurde, a-t-on appris auprès de l’association kurde.

Les cinq ont été déférés lundi 27 aout au parquet de Paris puis mis en examen dans la soirée par les juges antiterroristes Thierry Fragnoli et David Benichou, notamment pour "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, association de malfaiteurs, financement d'une entreprise terroriste et transport et détention d'armes",  toujours selon AFP.  Quatre kurdes ont été écroués, tandis que le cinquième a été placé sous contrôle judiciaire, conformément aux réquisitions du parquet. L’article de l’AFP est basé sur les seules informations données par des autorités.

Trois journalistes du Point pour un scenario

Trois journalistes du Point, Jean-Michel Décugis, Christophe Labbée et Aziz Zemouri, écrivent de leur coté un scénario hollywoodien, imitant leurs collègues turcs pro-gouvernement et anti-kurde. Ces trois journalistes se sont réunis pour écrire seulement quelques lignes qui commencent par  « Selon nos informations, les cinq hommes, dont l'un serait un ressortissant allemand... ».

Curieusement, Le Point prévoit même la mise en examen de ces kurdes : « Le juge d'instruction de la section antiterroriste de Paris chargé de l'affaire pourrait les mettre en examen pour "tentative d'assassinat", "transport d'armes", "association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste"... »

Quelles informations précieuses et crédibles! Et ils n’en restent pas là.  On ignore comment ils ont réussi à créer un lien entre l’arrestation de ces jeunes et l’attentant d’Antep, mais l’article prouve leur imagination hostile à l’égard des kurdes dépasse les frontières de la logique : « Ces derniers temps, les services antiterroristes sont sur les dents vis-à-vis du PKK, qui est à l'origine d'une vague d'attentats en Turquie. Une voiture bourrée d'explosifs a explosé le 20 août dernier devant un commissariat du centre-ville de Gaziantep, tuant neuf personnes, dont des enfants, et en blessant une soixantaine d'autres, dont dix grièvement. Le mouvement séparatiste kurde n'a pas revendiqué la paternité de cet attentat, mais les autorités turques en ont immédiatement accusé le PKK, en conflit avec elles depuis 1984.Certains responsables gouvernementaux turcs ont également vu dans cette attaque, qui s'est produite dans une grande ville industrielle jusque-là épargnée par les violences du PKK, la main des services secrets syriens, en représailles au soutien accordé par la Turquie aux rebelles syriens. »

Un complot ?

On voit peut-être un aveu à la fin de l’article en lisant le lien créé entre le PKK et le régime syrien, sachant la France et la Turquie ont une politique commune dans la guerre syrienne.  La police Française serait-elle en train de comploter contre le mouvement kurde, puisqu’elle coopère officiellement avec les autorités turques?

L’AFP ne surprend pas : « Cinq membres présumés du PKK ont été arrêtés après une tentative d'assassinat dans la région de Marseille.»

La France3 va encore plus loin en publiant le même article avec une photo de kalachnikov.

C’est la première fois depuis de longues années que les membres d’une association kurdes sont soupçonnés d’assassinat, ce qui montre la collaboration antikurde entre le régime AKP, parti au pouvoir en Turquie, et le gouvernement français se poursuit à toute vitesse.

Arrestations

Des dizaines de kurdes ont été interpellés depuis début janvier 2012. Le 27 juillet, les policiers français imitant leurs confrères turcs sont intervenus violemment contre les jeunes kurdes à Strasbourg lors d'une manifestation pour dénoncer l'isolement du leader kurde Abdullah Ocalan. Six manifestants ont été blessés et 26 autres interpellés par la police près de la préfecture. Parmi les blessés, une personne a reçu une balle en caoutchouc.

Le 22 mai, des policiers portant cagoules et gilets pare-balles ont arrêté deux kurdes, F. E. et A. S., lors d’une décente musclée à leurs domiciles dans la commune de Cenon, située dans le département de la Gironde. Couverts de sacs poubelles, ils ont été emmenés par la police.

Selon un décompte du Réseau d’informations libres de la Mésopotamie (ActuKurde), plus de 200 kurdes ont été arrêtés depuis 2007 pour des motifs politiques, dont 51 en 2011 et 51 en 2010.

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